Collé sur ma platine – Sonic Youth : The Diamond Sea

Une nouvelle catégorie d’articles pour fêter mon retour (oui, je suis tout seul, et je mangerai toutes les noix de cajou si vous ne venez pas) : je vous présente un titre ou un album qui a tourné en boucle sur mon lecteur de cassettes plus jeunes, mes lecteurs de CD, mon Winamp, mon service de streaming musical et maintenant ma platine vinyle. Tous les styles sont représentés, donc attention, il pourra y avoir également du métal.

Pour commencer, j’ai décidé de parler de rock, de symphonie pour guitares saturés et plages de notes fines.


 

(Re)- Découvert durant l’épopée Grunge du début des années 1990, mais défricheur de sonorités saturées et arty depuis le début des années 1980. Le son est la fontaine de jouvence, le non-conformisme le parchemin pour la trouver.

Sonic Youth lave son linge (sale) en public. « Washing Machine » et sa pochette aux deux fans à l’aspect « nerd » bleuit le monde du rock. Le précédent album était brut, difficile d’accès. Celui-ci continue dans la lancée, mais le son est légèrement plus policé.

Et puis il y a cette piste de près de vingt minutes, qui plus tard ressortira sur une compilation de faces B, agrémentée des minutes perdues lors de son premier lavage. Certaines flottent dans un ciel de diamant. Pour ma part je préfère plonger dans une mer de ce même cristal.

Attention ! Le clip qui suit est totalement réalisé avec des objectifs qui ont été soumis à des substances chimiques à haute teneur en paillettes et arc-en-ciel :


 

Plus de vingt minutes de Sonic Youth, il faut se préparer. Point de masques, tubas et bouteilles d’oxygène. Mais plutôt ouverture d’esprit, oreilles aux aguets et on laisse sa peur de l’extrême musical au vestiaire. Pour les personnes peureuses ou n’ayant pas beaucoup de temps, la vidéo est faite pour vous. Si vous aimez l’aventure, c’est le lien audio juste dessous.

Les premières notes ne proviennent pas de l’utilisation inversée de bandes magnétiques contenant l’enregistrement du rotor d’un tambour de machine à laver. Elles proviennent de cet effet, dont personne n’a jamais trop su quoi en faire :

Ludwig  Phase II Synth

La mélancolie des notes et des paroles en font une chanson « pop » que l’on peut fredonner. Deux minutes trente secondes accessibles à tous. Mais le travail de réappropriation du son commence tout de suite après, la saturation des guitares monte alors d’un (voire 11) cran, la lourdeur de la basse s’accentue et déjà l’eau recouvre la moitié des mollets. Le staccato de basse accompagne ensuite la plongée vers l’océan de lumière diffractée, où le rouge passe au vert, où le bleu s’enroule autour du jaune, et où les nuances sont autant d’amplificateurs de sensations auditives (non, là il y en aura plus de 50, on est pas dans la soft-music ici, Mr Grey).

Une petite respiration par le chant, l’oxygène dans les poumons. Puis on reste allongé, flottant dans la matière si moelleuse de l’agencement cristallin. Il faut ensuite se laisser aller, fermer les yeux et piocher les notes qui nous touchent.

Une chanson qui tient sur la face d’un vinyle, parfait pour le laisser tourner.

Sonic Youth - The Destroyed Room
Sonic Youth – The Destroyed Room
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