La représentation graphique animée dans la musique rock

(English version here)

Bienvenue dans l’ère de l’image !

Le son, c’est drôle, mais avec l’image, le message passe mieux. La télévision est le medium qui aura marqué la seconde partie du XXème siècle. Il se fait détrôner actuellement par son cousin équipé d’un microprocesseur. Mais la manière de véhiculer l’information s’en est retrouvée complètement transformer.

Pour la musique, dans des temps reculés, il y avait le support audiophonique ou le concert. Puis la télévision a permis de retransmettre ces mêmes prestations ou de diffuser des émissions où les artistes pouvaient présenter leurs créations. Jusqu’à arriver aux tubes à musique, MTV et autres chaînes musicales, qui consacrèrent le vidéoclip comme fenêtre vers l’ego des musiciens.

L’un des premiers clips diffusés, selon la légende, fut celui-ci :

Ironique n’est-il pas ? D’autres devinrent légendaires :

Attardons-nous sur ces illustrations. Nous pouvons remarquer qu’il y a un vrai travail graphique (pour le premier exemple, je l’accorde, on peut en douter). Il faut marquer les esprits , les chansons ne durant que quelques minutes, les idées doivent vite être exposées. Le clip est un message publicitaire. Les produits sont l’album et l’artiste. Il doit se représenter devant nous, en action musicale.

Et voila où se trouve le nœud du problème ! Pourquoi devrions-nous supporter la présence des musiciens dans une représentation vidéo de leur chanson ? Les voir chanter en play-back, jouer sur des instruments désaccordés et débranchés, est-ce réellement intéressant en soi ? Dans la suite de ce billet, je m’attarderai à présenter des vidéos musicales où la représentation de l’artiste « en mouvement » est modifiée voir inexistante.

Certains choisissent l’autodérision. Les suédois métalliques de Meshuggah devaient s’ennuyer lors des trajets entre chaque salle de concert. Pour faire passer le temps, on prend une caméra, puis on fait un clip. Mais la batterie et les amplis ne pouvant emplir l’espace disponible de leur mobile-home (les odeurs de chaussettes prenant de la place), ils décidèrent de se la jouer « air-band »

 

Mais c’est de la triche. Heureusement, j’ai pu trouver quelques exemples de clips sortant du modèle « Je suis un rocker, je joue d’un instrument ou je chante avec pleins de convictions, et je dois le montrer à la Terre entière ».

L’option » acteur célèbre » va faire parler du clip. Ils profitent de sa notoriété pour faire augmenter la leur. Du troc d’artistes. En même temps, quand on s’appelle Gorillaz, on ne sait pas si c’était nécessaire. Et malgré leurs précédents clips tout en animation, ils choisirent la bonne vieille poursuite en voiture avec John Mc Lane en guest.

 

Et pour continuer dans l’utilisation d’acteurs connus et du mini-film à histoire, Kate Bush s’est entourée de Terry Gilliam et Donald Sutherland dans cette histoire nimbu-esque.

 

Violence, science-fiction, humour et sex.. Non, moutarde et ketchup. Bienvenue dans le blockbuster clip à effet gastronomique avec les djent-er de Periphery. Attention, métal et éclaboussures inside :

 

Il manque finalement le cinéma de genre et/ou d’auteur. A cet effet, nous allons prendre un groupe qui ne se montre quasiment jamais, réalisant une musique aérienne mais lourde comme un cumulo-nimbus prêt à se vider. Tool comme outil de la peur organique, deux clips dans la thématique du tuyau-boyau, de la chair élastique et de l’esthétique léchée (pas par moi en tout cas)

 

J’ai volontairement commencé par présenter les films. Mais la première idée venant à l’esprit pour parler d’une chanson sans image du groupe, c’est de passer par l’animation ! Soyons bien clair, on ne remplace pas les membres du groupe par des avatars, mais on essaie d’innover un peu. Voilà pourquoi Gorillaz ne fera pas partie de la sélection qui va suivre.

Les premiers clips servent à se faire connaître, OK. Mais quand la notoriété est suffisante, seule la musique compte. C’est ce que chaque artiste aimerait, mais la réalité les rattrape. Quand Led Zeppelin était sur le point de sortir leur quatrième album studio, ils décidèrent d’une pochette dans aucune indication, ni du nom du groupe, ni des membres. Seul un symbole les représenterait à l’arrière. Branle-bas de combat dans la maison de disque. En France, un sticker accompagnera l’album, au cas où …
Radiohead changea la face du rock avec leur troisième album. A la première écoute, je me pris une baffe monumentale. La créativité rock et pop de nouveau libérée. Et pour soutenir leur meilleur morceau (de tout les temps), un dessin animé diffusé par.. MTV.

Ils recommenceront quelques années plus tard avec (leur deuxième meilleur morceau de tout les temps) chanson pyramidale, clip arty qui permet de toute manière de se régaler les oreilles quand on le regarde.

Autre groupe, autres choix. Notoriété trop rapide, marche en avant forcée. Plus de clips pendant de nombreuses années pour ne plus se voir en boucle sur des écrans, comme une publicité hygiénique. Finalement, après plusieurs années, le besoin de contrôle ne se fait plus sentir, et la règle est abolie. Pearl Jam propose un clip très conventionnel, mais sans référence à un chanteur doué dedans.

 

Mais pour remercier les (rares) personnes qui auront eu le courage de me lire jusqu’ici, je garde le meilleur pour la fin. On peut être une reine sans être une diva. On peut avoir une voix fabuleuse, un son de guitare à faire rougir des White Falcon, des idées musicales à n’en pas finir et un sourire qui semble ne rien laisser paraître mais qui peut faire augmenter des taux d’humidité, sans se la jouer vedette. Le dernier album des Queens of the Stone Age est lancinant, une douleur sourde et médicamenteuse. La morphine coule dans ses veines. Choix esthétique, mais peut être également une pudeur devant ses chansons très personnels, Josh Homme à choisi le dessin animé, dans un style identique pour illustrer toutes les chansons. C’est brut dans le trait, c’est cotonneux dans le déroulement, et rouge comme le sang. Deux exemples ci-dessous, je vous laisse retrouver la suite.

D’autres clips de ce type existent. Mais ils ne sont pas pléthores. Pression marketing, ego démesuré, manque d’originalité. Des symptômes sommes tous conventionnelles, mais qui gangrènent malheureusement un art, mais également nos vie quotidienne. Sortir du carcan pour avoir un autre point de vue, innover !

Et pour les plus courageux/courageuses-fous/folles-robots de moteur de recherche (rayer la mention utile), un bonus. Les roswelliens lutins se sont un jour dit : « Et si on se filmait en train de dévaler des rochers, et que l’on demandait à John Woo de montrer un clip avec ça ». Ils ne purent contacter John, mais ils se filmèrent et en firent un clip totalement « Mais ! »

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