La Zone – Pt.5

Cinquième partie, et troisième expérience. La plus récente et la plus étrange a priori, de par sa brièveté et le contexte.

Rouler sur la djent

1er mai. Le Nouveau Casino. Paris. Je vais fêter le jour férié en regardant des anglais et des américains travaillaient la nuit. Douce ironie.
Periphery et TesseracT. Mes deux derniers gros coups de coeur dans la catégorie Metal-Progressif. Je ne pouvais pas manquer ce concert de djentlemen.
La première partie est correcte. C’est le tour de TesseracT. Les membres du groupe s’occupent de brancher leurs matériels. Ce n’est pas encore la logistique des grands groupes et j’apprécie.
Les notes de guitare commencent à résonner comme des claviers. Ce groupe est l’un des plus fins que j’ai pu entendre dans cette catégorie de musique particulièrement… bruyante.

Leur premier album présente un morceau concept, découpé en plusieurs parties. « Concealing Fate » . Chaque partie est une étape.
Comme tout concept-album, il y a des mouvements qui se répètent, pour donner une identité commune. La deuxième partie, nommée “Deception”, et la troisième, “The Impossible”, possédent un moment très particulier. Une cassure dans la rythmique en double croche. Ces mesures donnent une sensation de déséquilibre mêlée d’un relâchement de la tension accumulée.

Une nouvelle fois sans m’y attendre, je vais pénétrer dans la Zone. Je connais la structure de la chanson. Je sais que le moment va arriver. Mais la puissance du son accompagnée de la ferveur des spectateurs fait monter en moi l’attente, le désir de ressentir le déséquilibre.
Le temps s’est alors arrêté. Le reste de la foule, les musiciens bougeaient, mais je sentais que mon référentiel ne possédait plus d’axe lié au déroulement du temps. Je suis devenu un corps flottant dans un vide imaginaire. Le temps m’a ensuite rejoint à la fin de cette interlude, et le concert a continué, normalement.

Cette expérience a présenté de nombreuses spécificités. Premièrement sa brièveté. Quelques mesures, quelques secondes. Emmenant à la seconde particularité, la modification peu profonde de la conscience. Seule la sensation de suspension de temps est apparue. En dernier lieu, ce phénomène en réalité se reproduit. Pas en concert, mais en écoutant le disque ! Si vous êtes attentifs, d’abord je vous félicite. Deuxièmement, je vous apprécie (vous avez bon goût). Troisièmement, vous allez dire : “Mais, je croyais avoir lu que ce phénomène ne pouvait avoir lieu que lors d’un concert, comme annoncé dans la première partie ?”

Que répondre.

Que je suis ému d’avoir des lectrices et des lecteurs aussi perspicaces. Que l’on a le public que l’on mérite. Que j’essaie de noyer le poisson en flattant votre égo.
Oui.
Vous êtes perspicaces.
Oui.
Je me contredis.
Oui.
Mais.
Je peux faire ce qu’il me plaît ici. Je sais, cet argument est vide de sens. En réalité, je ne revis pas à l’identique l’entrée en Zone. Juste la sensation de déséquilibre. La phase de suspension de temps n’est plus là. Donc ce n’était qu’une demi-affirmation fausse. Donc je peux être pardonné. Parce qu’en plus d’être perspicaces, vous êtes généreux.

Dans la suite, vous trouverez les liens vous permettant de vous faire une idée de mon état sensible :

Voici la fin de cette série d’articles. Pour les retardataires ou les personnes qui aime lire sur la longueur, je sortirai également la version complète Director’s Cut, sans supplément.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s